Bienvenue sur le site de la Communauté des frères de Saint-Jean

Historique

Au début des années 1970, de jeunes Français, étudiants et étudiantes en philosophie à l’université de Fribourg (Suisse) appréciant beaucoup l’enseignement du père Marie-Dominique PHILIPPE, o.p., ont ressenti un appel à une vie donnée à Dieu et s’interrogeaient sur la manière d’y répondre.

En cette période de l’après-Concile, ils recherchaient une formation solide, tant du point de vue philosophique que du point de vue théologique et spirituel. Ils demandèrent au père M.-D. PHILIPPE de les accompagner dans cet effort de formation, en vue d’un don plénier de leur vie à Dieu .

 

Le père M.-D. PHILIPPE ne se voyait pas du tout en « fondateur ». Après avoir longtemps résisté à faire lui-même quelque chose, il alla voir la fondatrice des Foyers de Charité, Marthe Robin, avec qui il était très lié depuis 1946. Il lui soumit son cas de conscience et Marthe lui confirma que cet appel était bien de l’Esprit-Saint, que Jésus le demandait et qu’il fallait qu’il réponde favorablement à ces étudiants.

Le père M.-D. PHILIPPE accepta alors que ces étudiants se regroupent, en octobre 1975, autour d’un prêtre de Versailles, le père Philippe-Marie Mossu, venu à Fribourg pour faire un doctorat en théologie.

Le 8 décembre 1975, lors d’une retraite prêchée à l’abbaye Notre-Dame de Lérins par le père M.-D. PHILIPPE, les membres de ce groupe d’étudiants prononcèrent une consécration à la Vierge Marie. Cette consécration est aujourd’hui considérée comme l’acte fondateur de la communauté. Ceux qui s’étaient ainsi consacrés ont découvert par la suite que, ce même jour, le Pape Paul VI avait promulgué l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, qui exprimait précisément ce à quoi leur vie voulait répondre en incarnant, par le témoignage de la charité fraternelle, un vivant exemple de « leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et de leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas » (Evangelii Nuntiandi). La Communauté Saint-Jean était née, prémices de la Famille Saint-Jean.

Cette communauté obtint sa première approbation canonique par un décret de la Congrégation des religieux, à Rome, daté du 28 avril 1978. Ce décret autorisait le Père Abbé de Lérins à recevoir les frères « ad instar oblatorum regularium ». Dès le point de départ, la communauté se trouvait ainsi enracinée dans la tradition de la vie religieuse monastique, même si son orientation restait apostolique.

Dans le même temps, les étudiantes demandaient au père M.-D. PHILIPPE de faire aussi quelque chose pour elles. Il résista là encore, se jugeant encore moins apte à fonder une communauté féminine. Cependant,  en 1982, [date de l’installation en France de la communauté des frères, accueillie par Monseigneur Armand Le Bourgeois dans l’ancien petit séminaire du diocèse d’Autun, à Rimont] il permit aux jeunes filles qui désiraient cette fondation de commencer à vivre ensemble à Rimont.

Quelques mois plus tard, elles rejoignirent Saint-Jodard (diocèse de Lyon) où venait de s’ouvrir le noviciat des frères. En septembre 1983, la communauté naissante fut confirmée dans son orientation purement contemplative. Quelques temps plus tard, certaines sœurs émirent le souhait de se consacrer au Seigneur mais dans une vie plus apostolique.

 

La branche des sœurs apostoliques de Saint-Jean commença alors le 8 septembre 1984 à Rimont, auprès de la maison de théologie des frères. En 1992, les sœurs apostoliques établirent leur maison mère à Semur-en-Brionnais, dans le diocèse d’Autun.

 

Le 25 janvier 1987, la Communauté des sœurs contemplatives fut reconnue par le Cardinal Albert Decourtray,  Archevêque de Lyon à l’époque, comme Association publique de fidèles en vue de constituer un Institut religieux. Les sœurs furent reconnues en 25 mars 1994, toujours par le cardinal Decourtray, comme Institut de droit diocésain.

 

Pour leur part, les sœurs apostoliques reçurent leur première reconnaissance par Monseigneur Armand le Bourgeois, évêque d’Autun, le 11 février 1987, puis furent érigées en Institut de droit diocésain par Monseigneur Raymond Séguy, le 7 octobre 1993.

 

Entretemps, des laïcs et des prêtres diocésains exprimèrent le désir de pouvoir vivre de la spiritualité de la communauté, tout en gardant  leur état de vie. En septembre 1981, les premiers d’entre eux s’engageaient comme « Oblats de Saint-Jean ».


Questions à un frère 

Comment la Communauté Saint-Jean est-elle née ?

Tout a commencé autour de l'Université de Fribourg en Suisse. 


Des étudiants français y suivaient l'enseignement d'un dominicain, professeur de philosophie, le père Marie-Dominique Philippe. Certains de ces étudiants, désireux de consacrer totalement leur vie au Christ, avaient demandé au père Philippe d'être leur père spirituel.

Pendant l'été 1975, cinq d'entre eux décidèrent de se réunir autour d'un prêtre du diocèse de Versailles, ancien étudiant du père M.-D. Philippe, que son évêque autorisait à revenir à Fribourg pour y préparer un doctorat de théologie. Nous avons alors commencé une vie commune, avec un horaire assez particulier pour des étudiants: lever dès 5h30, une heure d'oraison en commun, l'office de laudes puis la messe... La journée commençait bien!

Le père Marie-Dominique PHILIPPE résidait-il avec vous?

Non, il continuait à habiter avec ses frères dominicains, à l'Albertinum. Il était très pris par sa charge d'enseignement et ne venait nous voir, pour un entretien spirituel, qu'une fois par semaine. Il y avait aussi en lui une réticence à s'engager auprès des "frères" : il ne se considérait pas mandaté par l'Eglise pour prendre la responsabilité d'un embryon de communauté religieuse. Sa tâche officielle s'arrêtait à l'enseignement de la philosophie. Ce qui explique le soin qu'il avait mis jusque-là à renvoyer à leurs évêques ou au à diverses congrégations religieuses les jeunes qui s'adressaient à lui

Pourquoi alors a-t-il changé d'attitude?

Le père Philippe connaissait Marthe Robin depuis 1946 et avait souvent prêché des retraites à Châteauneuf-de-Galaure. Il lui soumit son cas de conscience : certains de ses étudiants voulaient former une petite communauté et lui demandaient son aide. Marthe lui répondit simplement qu'il n'avait pas le droit de refuser leur demande, de les abandonner. Le père Philippe nous accueillait, mais il n'était pas encore question de fonder une nouvelle communauté religieuse. Il se mit à chercher quel ordre religieux pourrait nous recevoir afin que nous trouvions une place dans l'Eglise. Ainsi commença une recherche d'une année. Heureusement, tout avait été remis à la Providence de Dieu... Pour concrétiser cette volonté d'abandon, nous nous étions consacrés à Marie, au terme d'une retraite prêchée par le père Philippe, le 8 décembre 1975, à Lérins. C'est un peu le jour de notre naissance.

La date et le lieu sont importants...

Oui, parce que, l'année suivante, les frères furent très frappés de découvrir que l'exhortation apostolique de Paul VI "Evangelii Nuntiandi" qui correspondait si bien à ce qu'ils voulaient vivre (au point d'en tirer une petite règle de vie), avait été publiée à Rome le 8 décembre 1975

Mais comment de Fribourg êtes-vous arrivés à Lérins ?

Dans sa recherche d'un ordre pouvant recevoir les frères, ce n'est pas aux cisterciens de Lérins que le père Philippe pensa en premier lieu. Il s'adressa tout d'abord à ses frères dominicains : ceux-ci acceptaient bien d'accueillir ces jeunes, mais individuellement.

Or le petit groupe (ils étaient onze en octobre 1976) ne pensait pas devoir se disloquer. Le père Philippe se tourna alors vers les chanoines du Grand-Saint-Bernard, qui avaient une maison à Fribourg.
Leur réponse, finalement négative, fut transmise au père Philippe alors qu'il se trouvait à Lérins pour un enseignement de philosophie Le prieur de l'abbaye, communiquant la nouvelle, demanda: "Pourquoi pas avec nous?" Personne n'y avait pensé! Monseigneur Barthe, alors évêque de Fréjus-Toulon, donna son accord et son encouragement en ajoutant : "Si j'étais plus jeune, je demanderais à entrer dans votre communauté...".

 

Qu'apporta le rattachement à Lérins?

Nous devenions "oblats quasi réguliers" de l'abbaye Notre-Dame de Lérins, c'est-à-dire que le Père Abbé était responsable de notre entrée dans la vie religieuse et du développement de la communauté au sein de l'Eglise. Il délégua le soin de notre formation intellectuelle et spirituelle au père Marie-Dominique Philippe.

Mais le lien avec Lérins a surtout permis de s'enraciner dans la vie monastique. A partir de ce moment-là, les frères qui entraient dans la communauté partaient passer plusieurs mois sur l'île Saint-Honorat, où est situé l'abbaye, au large de Cannes. Cela constituait leur noviciat, complété par un temps de solitude et de prière dans le diocèse de Gap, auprès du père Emmanuel, moine bénédictin d'En Calcat devenu ermite

 

Quelle fut l'attitude de Rome face à cette naissance d'une nouvelle communauté?

Rome, c'est-à-dire la Congrégation pour les Religieux, fut très tôt saisie, dès 1976-1977. La première reconnaissance officielle date du 27 avril 1978, quand la Congrégation pour les Religieux permit à l'Abbé de Lérins d'effectuer "ad experimentum" le rattachement des frères à son abbaye, c'est-à-dire de tenter l'expérience de manière provisoire (pour sept ans), dans l'attente d'un statut propre pour la communauté

C'est alors que nous avons pris le nom de Communauté Saint Jean. Il avait fallu aussi présenter une règle de vie -que le Père Marie-Dominique Philippe rédigea en s'inspirant plus particulièrement de la prière du Christ au chapitre 17 de l'évangile de saint Jean- et des constitutions, qui décrivent le fonctionnement interne de la Communauté. Ainsi le lien, essentiel, avec " Pierre " a pu être rapidement établi. Il se retrouve dans la règle de vie qui dit explicitement que les "frères de Saint Jean obéiront au Souverain Pontifie comme à leur supérieur le plus élevé"

 

Finalement, pourquoi cette communauté nouvelle a-t-elle été créée?

Il faudrait poser la question à l'Esprit Saint ! Lui seul voit cela tout à fait clairement... Mais les caractéristiques de la Communauté apparaissent nettement : l'insistance, depuis les débuts à Fribourg, sur la recherche de la vérité, dans un travail philosophique et théologique ; la vie d'offrande à Dieu, en privilégiant les temps d'oraison en commun et l'Eucharistie ; l'importance de la vie commune dans une charité fraternelle qui se veut intense. Mais tout cela n'est pas vivable sans la découverte d'un lien personnel avec la Vierge Marie qu'à la suite de Jean nous recevons comme mère (Jean 19,27). " Pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés dans la vérité " (Jean 17,19)

La difficulté était de trouver un lieu en France.

Ce sont des bénédictines contemplatives -dont la prieure et fondatrice était la propre sœur du père Philippe- qui nous indiquèrent l'ancien petit séminaire de Rimont, en Bourgogne, près de Chalon-sur-Saône.

Pourquoi la Communauté a-t-elle quitté Fribourg?

Lorsqu'en 1982, le père Philippe atteignit la limite d'âge pour l'enseignement à l'université (70 ans), la Communauté décida de s'installer en France. Les frères étaient français pour la plupart, et les conditions d'hébergement à Fribourg devenaient malcommodes : la Communauté était dispersée entre quatre maisons, aucune n'étant assez grande pour contenir les 80 frères.

Et l'évêque d'Autun eut la générosité d'accepter notre installation dans son diocèse. Encore fallait-il pouvoir emménager! Le bâtiment que découvrirent les frères à Rimont demandait beaucoup de travaux et chacun dut se mettre à l'œuvre. Progressivement, une vraie vie communautaire put s'établir : elle rassemblait pour la première fois tous les frères de la Communauté. Pourtant, dès le mois de mai 1983, il fallut ouvrir une nouvelle maison en raison du grand nombre d'entrées.

Avec la permission de l'Archevêque de Lyon, une partie de la Communauté s'installa à Saint-Jodard, dans la Loire, près de Roanne. Il y avait là un ancien petit séminaire (cela devenait une habitude...). Propriété de l'état depuis le début du siècle, il fut utilisé, au terme de diverses affectations, comme maison de redressement pour jeunes délinquants... Le noviciat de la Communauté prit donc dignement la relève à partir d'octobre 1983.
Pour aller de Rimont à Saint-Jodard, le plus court chemin passe... par le cœur du Christ ; en effet la cité du Sacré-Cœur, Paray-le-Monial, est à mi-chemin entre les deux maisons.

Découvrant cela, le père Philippe s'est souvenu des paroles que Marthe Robin lui avait dites: "Je ne sais pas pourquoi, Paray reste fixé dans mon cœur ; Père, n'abandonnez jamais Paray-le-Monial".