Le Père M.-D. Philippe
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Comment la Communauté St Jean est-elle née ?

Tout a commencé autour de l'Université de Fribourg en Suisse.
Des étudiants français y suivaient l'enseignement d'un dominicain, professeur de philosophie, le père Marie-Dominique Philippe. Certains de ces étudiants, désireux de consacrer totalement leur vie au Christ, avaient demandé au père Philippe d'être leur père spirituel.

Pendant l'été 1975, cinq d'entre eux décidèrent de se réunir autour d'un prêtre du diocèse de Versailles, ancien étudiant du père M.-D. Philippe, que son évêque autorisait à revenir à Fribourg pour y préparer un doctorat de théologie. Nous avons alors commencé une vie commune, avec un horaire assez particulier pour des étudiants: lever dès 5h30, une heure d'oraison en commun, l'office de laudes puis la messe... La journée commençait bien!


La cathédrale St Nicolas,
à Fribourg

Le père Marie-Dominique Philippe résidait-il avec vous?

Non, il continuait à habiter avec ses frères dominicains, à l'Albertinum. Il était très pris par sa charge d'enseignement et ne venait nous voir, pour un entretien spirituel, qu'une fois par semaine. Il y avait aussi en lui une réticence à s'engager auprès des "frères" : il ne se considérait pas mandaté par l'Eglise pour prendre la responsabilité d'un embryon de communauté religieuse. Sa tâche officielle s'arrêtait à l'enseignement de la philosophie. Ce qui explique le soin qu'il avait mis jusque-là à renvoyer à leurs évêques ou au à diverses congrégations religieuses les jeunes qui s'adressaient à lui.


Le "Père Girard", à Fribourg,
premier lieu d'hébergement des frères

Pourquoi alors a-t-il changé d'attitude?

L'intervention de Marthe Robin fut décisive. Le père Philippe la connaissait depuis 1946 et avait souvent prêché des retraites à Châteauneuf-de-Galaure. Il lui soumit son cas de conscience : certains de ses étudiants voulaient former une petite communauté et lui demandaient son aide. Marthe lui répondit simplement qu'il n'avait pas le droit de refuser leur demande, de les abandonner. Le père Philippe nous accueillait, mais il n'était pas encore question de fonder une nouvelle communauté religieuse. Il se mit à chercher quel ordre religieux pourrait nous recevoir afin que nous trouvions une place dans l'Eglise. Ainsi commença une recherche d'une année. Heureusement, tout avait été remis à la Providence de Dieu... Pour concrétiser cette volonté d'abandon, nous nous étions consacrés à Marie, au terme d'une retraite prêchée par le père Philippe, le 8 décembre 1975, à Lérins. C'est un peu le jour de notre naissance.

La date et le lieu sont importants...

Oui, parce que, l'année suivante, les frères furent très frappés de découvrir que l'exhortation apostolique de Paul VI "Evangelii Nuntiandi" qui correspondait si bien à ce qu'ils voulaient vivre (au point d'en tirer une petite règle de vie), avait été publiée à Rome le 8 décembre 1975.

"De tout évangélisateur, on attend qu'il ait le culte de la vérité...
Le prédicateur de l'évangile sera donc quelqu'un qui, même au prix du renoncement personnel et de la souffrance, recherche toujours la vérité qu'il doit transmettre aux autres"

(Evangelii Nuntiandi)